27 February 2021

Derrière la photo : le match à 100 points de Wilt Chamberlain

Article modifié le 17 février 2021 par Le Basketographe

Wilt Chamberlain détient le record du plus grand nombre de points inscrits dans un match. 100 points ! Tous les amoureux de la balle orange connaissent par cœur ce fait historique majeur de la Culture NBA. En revanche, ce que l’on sait moins, c’est l’histoire qui se cache derrière cet exploit XXL. Ça tombe bien, on va vous la raconter.

Tous le monde connaît cette photo :

Wilt Chamberlain posant après son match à 100 points
(Source photo : Wikipedia)

Sur cette photo cultissime, le Grand Wilt pose fièrement après le match. Assis dans les vestiaires, il tient une feuille sur laquelle on peut lire le numéro « 100 », écrit à la hâte.
Sur cette photo, Wilt Chamberlain a le sourire. Et il y a de quoi ! Il vient de marquer 100 points dans un match. Une prestation hors du commun, même pour lui.

Dans les années 60, Wilt Chamberlain est un prototype de joueur NBA. Surdimensionné et athlétique, il dynamite la ligue à coup d’exploits individuels. Ultra physique, il score dans tous les sens. Face, à ce nouveau type de joueur, la ligue se voit obliger de reculer la distance de la ligne des lancer francs. Malgré certaines critiques lui reprochant de jouer davantage pour ses stats que pour ses coéquipiers, son talent est immédiatement reconnu dans la Ligue. Il se voit d’ailleurs décerner le titre de MVP dès sa saison rookie en 1960.

Mais revenons à la photo.

Wilt Chamberlain vient de marquer 100 points dans un match NBA et cette photo est le seul vestige de cette soirée historique.

Rembobinons 48 minutes.

Nous sommes le 2 mars 1962. Les Philadelphia Warriors affrontent les New York Knicks. La rencontre se tient à la Hershey Sports Arena, une salle omnisports située à Hershey, une petite bourgade de Pennsylvanie localisée entre Pittsburgh et Philadelphie.

À cette époque, la NBA a une petite quinzaine d’années d’existence et peine à s’imposer contre les deux sports très populaires Outre-Atlantique, que sont le foot US et le baseball.

Ce soir-là, seules 4 124 personnes sont présentes. On est loin des affluences actuelles. Malgré la proximité de la ville avec Big Apple, aucun journaliste new-yorkais n’a fait le déplacement pour couvrir la rencontre. Et cerise sur le gâteau, le match n’est pas diffusé à la télé.

En résumé, ce 2 mars 1962, nous avons un match de basket dont tout le monde se fout qui se tient dans un COSEC d’une petite ville de campagne de l’est des États-Unis.

Et pourtant, c’est dans ce match joué dans l’indifférence la plus totale que Wilt Chamberlain va marquer l’Histoire en signant la plus grosse performance individuelle en NBA.

Indifférence de la part des médias et du public, mais également de Wilt lui-même. La veille, le jeune intérieur, qui disputait sa 3ème saison, erra dans les rues de New York jusqu’aux premières lueurs du jour et manqua de peu de rater son train pour Hershey.

Dès les premières minutes du match, les Warriors prirent le large en signant un 19-3, dont 13 points scorés par Chamberlain. Il faut dire que les consignes du coach (Franck McGuire) étaient claires : « Jouer à fond sur Wilt ! »

Autre avantage pour le jeune pivot prodige de Philly : son vis-à-vis direct, l’intérieur titulaire des Knicks Phil Jordan, s’était fait porter pâle. Annoncé souffrant, ses coéquipiers révélèrent plus tard qu’il avait la gueule de bois.

À la pause, Wilt Chamberlain comptait déjà 41 points, dont la moitié des pions étaient inscrits sur dunk.
À la fin du 3ème Quart, l’intérieur en était à 69 points. Pour couper Chamberlain du ballon, les Knicks décidèrent de faire faute sur les autres Warriors. Cette technique désespérée ne fut pas très efficace, puisqu’à 2 minutes de la fin, Wilt avait scoré 94 points.

À 46 secondes du terme, Chamberlain qui était à 98 points, se démarqua en tête de raquette, réceptionna la gonfle et plaça un somptueux finger roll : 99, 100 !
Joe Ruklick, son coéquipier, se rappela : « Wilt avait trop de classe pour finir sur un dunk. »

Durant la 45 dernières secondes, Chamberlain resta en retrait sur le terrain, ne participant plus à l’effort offensif. Interrogé à l’issue du match, Wilt se justifia : « 100 points, ça sonne mieux que 102 ! » Du Chamberlain dans le texte.

Malgré cette performance dantesque, la couverture médiatique ne fut que très modérée.

Si on ne retient que le record des 100 points, Wilt Chamberlain en fit tomber bien d’autres ce soir-là :

Nombre de paniers tentés
Nombre de panier mis
Nombre de lancer francs mis

Nombre de points dans une mi-temps

Lors de ce match, Wilt Chamberlain pulvérisa le record de 78 points dans un match détenu par… lui-même. Performance qu’il avait signée quelques semaines plus tôt, le 8 décembre 1961 face aux Lakers.

60 ans après, le record de Chamberlain reste imbattu. Malgré l’envolée des stats ces dernières années et les exploits offensifs de Curry, Thompson, Beal, Harden, Lillard, Booker et bien d’autres, les 100 points de Wilt semblent intouchables.

Avec ses 81 points, Kobe Bryant est celui qui s’en ait approché le plus près. C’était le 22 janvier 2006 face aux Raptors. Chapeau l’artiste !


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